Dans son excellente intervention à la dernière Keynote de Linux Solution, Kim Polese, CEO de SpikeSource, faisait début 2007 une prédiction intéressante : les modèles open source et ISV traditionnels ont tendance à converger. En se développant, les éditeurs et communautés Open Source vont mettre en oeuvre des business models de plus en plus mixtes. Inversement, en rachetant des acteurs de l’Open Source, les ISV traditionnels intégreront de plus en plus les principes du libre dans leur stratégie. Un grand mouvement de brassage et de cross fertilisation pouvant mener, à terme, à une convergence et au meilleur des deux mondes. A l’aune des mouvements qui agitent l’Open Source depuis ces derniers mois, cette prévision est bien en passe de se réaliser. Il n’est que de citer, du côté des éditeurs, le rachat récent de XenSource par Citrix ou les efforts incessants de Microsoft pour attirer des développeurs du monde du Libre… Et, du côté des acteurs Open Source, la multiplication du dual licensing, voire même une transition progressive vers des approches propriétaires déguisées. Au point d’alarmer l’OSI, qui a dû s’élever récemment contre la multiplication des licences abusivement qualifiées d’Open Source… tout en ayant toutes les caractéristiques du propriétaire ! Alors, convergence ou confusion ? Une chose est sûre, et en particulier vu des utilisateurs : nous sommes désormais plus que jamais à l’ère du « blended ». Une ère où la distinction Open Source/Propriétaire n’est plus tant l’affrontement de deux mondes étrangers qu’un large continuum, un spectre de différents business models, sur lequel chaque acteur choisit de se positionner. Charge à chaque utilisateur – en fonction de ses besoins propres – de veiller à prendre tous les paramètres en compte et à bien regarder, au-delà du slideware, la réalité des choses et son réel degré de liberté... Jusqu’à ce qu’un 3e larron, qui pointe son nez avec insistance, ne vienne d’ailleurs à son tour changer radicalement les règles du jeu, et bouleverse l’ordre établi : le SAAS…
Jean-Christophe Spilmont