Dans le cadre du Congrès INFORMEDICA, au MEDEC 2006. Santénergie , le groupement constitué par Siemens, Bull et EDS retenu par le GIP-DMP pour les phases de démonstration et de préfiguration du DMP, a parrainé une table ronde dont le thème était « Contenu des DMP et évolution des systèmes de dossiers hospitaliers et libéraux ». Retours sur cette table ronde.
Plusieurs centaines de médecins de Basse-Normandie, du Pays-de-la-Loire et du Limousin et de Midi Pyrénées vont participer à la phase expérimentale du Dossier Médical Personnel (DMP) avec le consortium Santénergie. Sur la ligne du départ, quelques-uns ont évoqué leur expérience et confié leurs attentes.
Le Consortium Santénergie (Siemens, Bull et EDS) expérimente le DMP en Basse-Normandie, Pays-de-la-Loire, Midi-Pyrénées et Limousin. Dans ces régions, ainsi qu'en Midi Pyrénées, plusieurs centaines de médecins s’appuient déjà sur les dossiers informatisés de leurs patients. A un an de la généralisation du dossier médical en juillet 2007, leur expérience est donc à prendre en considération.
Le Dr Denis No Mura, président de la plate-forme régionale d'information de santé mutualisée (PRiSM) en Basse-Normandie, initiative pionnière en la matière, explique que les médecins sont motivés par le challenge du DMP et prêts à participer à l’opération « si elle ne leur demande pas trop de temps, ne leur coûte pas trop cher et n’entraîne pas de difficultés pratiques ».
L'instauration d'un dossier médical a permis au CHU de Nantes de rattraper son retard en informatique, estime le Dr Loïk Lenormand, vice-président de la commission médicale d'établissement. Ce dossier, qui comprend les comptes rendus d’hospitalisation, opératoires, anatomopathologiques, de radiologie, de consultation, ainsi que les actes de biologie et d’anesthésie a considérablement amélioré la vie de l’hôpital. « Les collègues des urgences ne reviendraient en arrière pour rien au monde tant l’amélioration de la prise en charge des patients est grande grâce à la connaissance de tous ces éléments », constate l'urologue nantais. Les responsables du dossier médical des Pays-de-Loire souhaitent néanmoins améliorer son ergonomie, y inclure les images les plus pertinentes, développer le volet prescriptions et à terme le dossier de soins. « L'exhaustivité du DMP a bien sûr l'avantage de la pertinence mais elle est difficile à maîtriser et complique la rédaction d’une synthèse. Il faudra en tenir compte », prévient le Dr Lenormand.
« Un DMP évolutif »
L'expérience de Santé-Limousin, réseau d’échanges d’informations médicales entre 70 médecins libéraux, 3 réseaux de santé et 5 établissements, est également riche d’enseignements. « On en est encore au stade du géomètre, les deux pieds dans la boue », constate un des promoteurs du projet, le Dr François Lemaire, praticien libéral et hospitalier au service d’exploitation fonctionnelle et physiologique au CHU de Limoges. Dans la région, les médecins qui intègrent le réseau suivent une formation, disposent d’un ordinateur portable et gèrent un dossier médical « simple, sans messagerie ni image » de 2500 patients volontaire. « C’est un coup d’essai pour échauffer les confrères », commente le Dr Lemaire. De l'avis du médecin, le système actuel présente un écueil puisque les médecins doivent envoyer leurs notes en double saisie. « Je crois au bel avenir du DMP, mais il ne faut pas monter une usine à gaz et il faut en revanche écouter davantage les médecins, sinon certains se décourageront ».
A la tête du service d’hématologie clinique et de thérapie cellulaire du CHU de Limoges, le Dr Dominique Bordessoule est très enthousiaste. Elle se souvient de la mise en place « chronophage » d'un DMP il y a sept ans. « Aujourd'hui, ce dossier fait gagner du temps aux médecins généralistes et spécialistes, soignants, biologistes, travailleurs sociaux qui disposent en temps réel des antécédents et de l'histoire du malade ainsi que des traitements hospitaliers et de sortie ».
Le Directeur Général de Bull Services et Solutions, Jean-Pierre Barbéris, tient à rassurer les médecins qui expérimenteront le dossier médical. « Le DMP doit être au service de la pratique médicale, explique-t-il. Par le partage de l’information qu’il instaure, il doit être une chaîne de confiance entre tous les acteurs. Le consortium a pris un soin particulier à assurer la sécurité des données - leur accès, transport, stockage et traçabilité. Le DMP de Santénergie sera évolutif, car nous tenons le plus grand compte du terrain et notamment des remarques des professionnels de santé. ». Il reconnaît que la généralisation du dossier médical sera en revanche « une autre paire de manches. Cette étape va prendre du temps et aura un coût, mais notre projet est prévu pour monter en puissance », a assuré Jean-Pierre Barbéris.
Compte rendu de la session parrainée par le Groupement Santénergie dans le cadre du Congrès INFORMEDICA, au MEDEC 2006, réalisé par le Quoditien du Médecin (Cahiers informatiques et web). |