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Février 2007
Tribune

Bull apporte une démarche industrielle au monde de l’Open Source
Par Jean-Pierre Barbéris,
Directeur général des activités services et solutions du Groupe Bull.

Quel rôle Bull entend-il jouer dans le domaine des logiciels libres ?
Notre première ambition est d’amener une démarche industrielle là où les évolutions des systèmes d’information ont été accélérées par des milliers d’initiatives individuelles et non concertées. Le principal enjeu concerne la gouvernance de l’informatique des entreprises. Concrètement, la multiplication des composants Open Source représente une formidable richesse qui reste méconnue et, de ce fait, difficile à gérer. Tous les prestataires savent ainsi que 90 % des projets informatiques intègrent des éléments dits « libres » et que, dans la plupart des cas, les entreprises qui mènent ces projets ignorent totalement leur présence.

La réalité est que l’Open Source est à la fois omniprésente et quasiment invisible. Le logiciel libre recouvre un champs d’applications de plus en plus large qui, bien au-delà des seuls composants systèmes, concerne les applications les plus critiques.
Dans ce contexte, la démarche de Bull consiste à fédérer les énergies des industriels et à adopter avec eux une méthode pragmatique. Dans les faits, cette stratégie consiste tout d’abord à identifier clairement les apports de chaque composant logiciel en écartant toute attitude dogmatique, qu’elle soit « pro » ou « anti » Open Source. Il n’est pas plus pertinent de refuser a priori tout recours à l’Open Source que de vouloir imposer sa généralisation en mettant en cause l’ensemble de l’existant. Dans tous les cas, les atouts de l’Open Source sont désormais reconnus par les utilisateurs les plus exigeants en termes de robustesse ou de sécurité. Rappelons que Bull déploie en ce début d’année le supercalculateur le plus puissant de France pour le compte

Au-delà de ces intentions, quelles solutions propose concrètement Bull pour tirer le meilleur parti des deux mondes ?
En résumé, Bull a constitué une offre de services fondée sur les difficultés rencontrées par les entreprises dans la gestion du logiciel libre. En la matière, les principaux challenges sont connus : ils portent sur la maintenance, l’intégration ou les délais de développement des composants, sans oublier la condition sine qua non de l’interopérabilité. Cette gamme de services a été baptisée Libre Energie ™ et répond à quatre grandes catégories de besoins : le support, le portage, le développement et l’intégration.
En ce qui concerne la maintenance, le service Libre Accès permet aux entreprises et aux administrations de disposer d’un interlocuteur unique pour le suivi de leur piles logicielles, que le support nécessaire soit de niveau 2 ou 3, sachant que cetteassistance est accessible 24/24 heures et 7/7 jours dans un environnement multilingue.
Le second axe rassemble les prestations de portage vers l’Open Source. Baptisé Libre Echange, ce service permet à l’entreprise de porter ses applications opérationnelles à partir de piles logicielles existantes vers les piles logicielles libres qu’elle a choisies, et ce dans un environnement poste de travail ou serveur. En la matière, Bull utilise des méthodologies de migration, des outils et des infrastructures industrielles de montage / démontage, et ce dans les domaines des bases de données, des messageries et des infrastructures, pour les environnements postes de travail ou serveurs d’application.
Une troisième catégorie de services répond aux besoins de développement dans le contexte de l’Open Source. Il s’agit pour Bull de mettre à la disposition des entreprises son réseau d’usines de développement, qui garantit une maîtrise complète des technologies telles que JAVA, J2EE ou PHP. En parallèle, nous avons développé une infrastructure collaborative et sécurisée, NovaForge ™ , fondée sur les méthodologies de développement distribué, conçues et utilisées par les services R&D. Véritable usine de développement industriel, NovaForge ™ est au cœur d’une démarche dont l’objectif est d’améliorer la productivité des développements. Enfin, le service Libre Entreprise garantit l’intégration des composants Open Source dans le système d’information. Il permet notamment de maîtriser les coûts et la qualité de ces composants dans le cadre de projets de travail collaboratif, de portails, de systèmes d’échange, d’EAI (Enterprise Application Integration) ou d’ESB (Enterprise Services Bus). Au-delà, les développements de Bull, tels que le serveur d’application JOnAS (Java Open Application Server) ou le moteur de workflow Bonita, permettent de gérer les applications métiers dans le cadre d’architectures orientées services (SOA).

De quels moyens humains et techniques Bull dispose-t-il pour assurer l’ensemble de ces prestations ?
Il faut tout d’abord préciser que 40 % des services réalisés par Bull concernent l’Open Source, ce qui démontre notre légitimité et notre antériorité dans ce domaine. Logiquement, les compétences liées au logiciel libre sont donc présentes dans tous les centres dont dispose Bull, en Europe comme dans le reste du monde, qui regroupent au total 4 000 collaborateurs. Ce vaste réseau est largement dédié aux technologies de l’Open Source et les différentes prestations proposées peuvent faire appel à l’ensemble des centres de services en France (Bordeaux, Angers, Paris, Grenoble et Marseille) comme à l’étranger (Brésil, Pologne et Chine). De la même manière, Bull peut mobiliser ses deux centres de R&D spécialisés de Phoenix, aux États-Unis, et de Grenoble. En termes de support, cette somme de moyens permet à Bull d’intervenir jusqu’aux niveaux 3 et 4 et de maîtriser l’ensemble de son offre d’expertise.

Quelles seront les prochaines étapes de votre implication dans l’Open Source ?
La formule retenue pour expliciter les ambitions de Bull dans ce domaine est « architecte d’un monde ouvert ». C’est ce rôle d’architecte qui nous avait conduit à lancer le programme NovaScale dès 1998 et à fonder en 2002 le consortium ObjectWeb, en partenariat avec l’INRIA et France Télécom. L’année 2007 sera notamment marquée par une accélération de la constitution de grands ensembles industriels autour de l’Open Source. C’est dans ce contexte que le consortium ObjectWeb a décidé de prendre une nouvelle dimension en fusionnant avec le consortium chinois OrienWare et de formaliser un accord stratégique avec Red Hat. Ces initiatives s’inscrivent dans la continuité de la stratégie initiée par Bull pour industrialiser l’univers de l’Open Source et pour toujours garantir davantage l’interopérabilité des composants, leur qualité et pour garantir aux entreprises une meilleure gouvernance de leur système d’information.

Interview réalisée par CIO, janvier 2007

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