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Basé à Toulon, le CTI-RH pilote les systèmes d’information Ressources Humaines de la Marine Nationale. Depuis la France et l’ensemble des bâtiments de combat à travers le monde, ces systèmes sont utilisés par les 49 000 marins d’active.
Dans quel contexte avez-vous lancé un projet de développement industrialisé en Open Source ?
Pour toute organisation, délivrer les services qu’elle s’est engagée à livrer dans des délais de plus en plus contraints est un défi permanent. Cela pose le problème de la manière dont elle s’adapte au changement. Au CTI-RH, les réformes des RH sont engagées à marche forcée depuis le passage à l’euro, la LOLF et le nouveau statut des militaires. Ces évolutions permanentes et rapides pèsent sur la stabilité de nos applications, que nous devons absolument maîtriser. Même si le SIRH de la Marine offre toutes les fonctionnalités attendues par ses utilisateurs, l’IHM de son système SIAD/RH repose sur un produit aujourd’hui disparu et nécessite un client lourd, qui nuit à la diffusion plus large du logiciel et rend les évolutions délicates.
Pour nous il était donc temps de changer l’interface de ce système et de procéder à la modernisation de son architecture afin de le rendre plus ouvert et accessible par un plus grand nombre d’acteurs. Après avoir comparé les différentes solutions, ERP, .Net, J2EE et leurs coûts de possession, nous nous sommes finalement dirigés vers un développement J2EE personnalisé utilisant de l’Open Source et les architectures du monde Web. Ce choix présente par ailleurs d’autres avantages, tels que l’indépendance (éviter les marchés captifs, une dimension particulièrement sensible pour nous), l’aspect compétences (utiliser les mêmes technologies qu’à l’université), la maîtrise des coûts. Nous avons donc choisi de faire évoluer seulement le ‘front’ et le ‘middle office’, la base de données restant commune et inchangée. Cette approche nous permet de développer le nouveau système de manière progressive et modulaire.
En quoi l'industrialisation des développements a t-elle été importante dans le cadre de ce projet ?
Il était indispensable de conserver un SI opérationnel tout le temps du développement. Il n’était pas question d’arrêter les réformes des RH ; inévitablement le système devait être aligné sur les travaux liés aux décrets d’application des nouveaux statuts. Le SIAD/RH devra donc progresser jusqu’à ce qu’il soit rejoint par le déploiement progressif du SI@D/RH. Les deux SI doivent être parallélisés. Entretenir deux équipes techniques avec des technologies hétérogènes, alors que de nouveaux défis nous sont lancés, n’était pas raisonnable. Nous avions donc besoin d’un soutien industriel pour nous accompagner dans cette modernisation.
Bull, fort de sa proposition de package de composants industriels du monde de l’Open Source et de son expertise de contributeur, a été retenu pour la maîtrise d’oeuvre. Bull nous apporte non seulement les logiciels des Communautés, mais aussi les interfaces, ce qui nous évite d’être face à la complexité. Ses experts qualifient les produits, les intègrent dans notre environnement de travail, en testent les performances et nous apportent le conseil, la formation, la maîtrise et l’expertise dans le but de nous rendre autonomes. Pour cela, nous avons mis en place NovaForge, la forge logicielle Open Source intégrée par Bull, qui comprend portail, outils de développement (basés sur Eclipse) et des outils d’intégration et de test. L’ensemble s’intègre avec notre atelier de génie logiciel, MEGA. Ainsi, la quarantaine de développeurs du projet - une vingtaine de nos techniciens et vingt personnes de Bull - peut collaborer de manière industrielle avec une bonne complémentarité et une bonne synergie.
Quelles sont les bonnes pratiques à appliquer ?
Quel que soit le projet, tout changement doit s’accompagner d’une forte volonté politique. Or ce soutien sera d’autant plus grand que les décideurs auront une bonne visibilité et de bons outils de pilotage de l’avancement des projets. A priori, on pourrait penser que l’Open Source n’est pas bien placé pour offrir cela. C’est la peur du risque qui conduit souvent à choisir des produits sur étagère, type ERP. Or, notre expérience de terrain montre le contraire : en permettant la construction rapide et progressive de solutions modulaires, robustes et réutilisables, en offrant la réversibilité et en évitant les approches ‘big bang’, l‘Open Source permet au contraire de gagner du temps, d’obtenir vite de premiers résultats, de gagner en flexibilité et de faciliter cette visibilité et cette possibilité de pilotage attendue par les décideurs. Enfin, il ne faut pas négliger le support. En effet, les logiciels issus de l’Open Source restent avant tout du logiciel, soumis aux mêmes succès ou aléas que les solutions d’éditeurs. Passer un engagement contractuel avec un industriel qui prendra en charge le support me semble préférable
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