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n°18  |  Septembre   2007
Invité du mois
« Allier compétences techniques et métiers »
Entretien avec Gilles Chauveau
DSI de la Division Particuliers et Professionnels, EDF
Le Groupe EDF, un des leaders sur le marché de l’énergie en Europe, est un énergéticien intégré, présent sur l’ensemble des métiers : la production, le transport, la distribution, le négoce et la vente d’énergies. Avec plus de 40 millions de clients dans le monde, EDF a réalisé en 2006 un chiffre d’affaires consolidé de 58,9 milliards d’euros.
En tant qu’intégrateur, Bull a contribué à la mise en œuvre de la solution décisionnelle d’EDF.

Vous avez déployé une solution décisionnelle ambitieuse. Pourquoi ?
Nos premières réflexions sur le décisionnel datent d’il y a 6 ans. Compte tenu de l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence, il était essentiel de pouvoir prévoir les évolutions de notre portefeuille clients et d’optimiser nos offres en conséquence. Nous souhaitions notamment affiner nos capacités de segmentation et de prévision selon les profils de consommation. Nous voulions aussi faciliter le pilotage de la performance des actions de marketing et de communication.

Quelles architectures décisionnelles avez-vous mis en place pour répondre à ces besoins ?
Nous avons progressé par étapes. En pratique, nous avons déployé un entrepôt de données centralisé pour le marché des entreprises et des professionnels – qui nous a servi de pilote – puis, plus récemment, un autre pour le résidentiel et les particuliers (26,9 millions de clients gérés !). Ces « data warehouses » sont alimentés par les applications historiques et progressivement par les différents modules de gestion mySAP utilities, notamment ISU et CRM et éclatés en divers datamarts pour des traitements ou restitution particuliers, par exemple le profilage client. Pour des raisons historiques, certaines de nos applications sont encore partagées entre les activités de production et de distribution d’énergie, ce qui nous oblige à maintenir quelques datamarts spécifiques provisoirement non connectés aux « data warehouses » centraux. A terme, l’architecture cible sera néanmoins unifiée. Nous devrions l’atteindre en 2008. La volumétrie globale est importante : une dizaine de téraoctets pour les entreprises et les professionnels et une douzaine pour le résidentiel (pour 2 ans d’historique).

Comment prévoyez-vous de faire évoluer la solution ?
Nous avons d’excellents retours des utilisateurs qui se répartissent entre le contrôle de gestion, le marketing et les ventes sur l’ensemble des régions. Pour aller plus loin, nous souhaitons à l’avenir alimenter les responsables opérationnels en restitutions détaillées avec des outils encore plus conviviaux. Les processus de « reporting » doivent être dématérialisés, rendus très simples. C’est notre priorité des trois prochaines années.

Compte tenu de cette expérience, quelles sont, selon vous, les meilleures pratiques à mettre en œuvre ?
Avant tout, je pense qu’il est important de mettre en place un référentiel unifié, avec une approche centralisée du décisionnel, même s’il faut reconnaître qu’il n’existe pas de modèle ’pur et parfait’ et qu’il y aura toujours 20 % de cas qui nécessiteront des réponses spécifiques. Il faut aussi veiller à ne pas multiplier les indicateurs : nous nous attachons à sélectionner la dizaine d’indicateurs clés qui sera vraiment utile pour chaque profil. Ceci en essayant bien sûr de trouver la bonne adéquation entre ce qui est utile et ce que la DSI peut raisonnablement produire ! Car les systèmes décisionnels sont des systèmes complexes et coûteux. Il faut toujours garder à l’esprit le rapport entre le coût et la valeur créée. Il faut aussi s’attacher à faire déployer ces solutions par des équipes conjuguant compétence technique et savoir-faire métier. C’est une alliance rare, difficile à maintenir dans la durée. Chez EDF, nous avons mis en place une structure qui capitalise ces expertises : l’AGRC. Elle sert ainsi de centre de compétence décisionnel. Enfin, il faut veiller à la qualité des données. A données fausses, décisions fausses. Il est important de convaincre les équipes opérationnelles et leur direction de l’importance de la collecte et de la gestion de ces données. Celles ci sont un des patrimoines essentiels de l’entreprise !

 

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