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Avec 7 établissements, plus de 2 500 lits et un effectif de plus de 10 000 personnes, le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Strasbourg est l’un des plus importants de France. Ses missions sont triples : une offre de soins pour la plupart des pathologies, des missions d'enseignement et la formation des professions paramédicales avec huit instituts de formation et enfin la recherche biomédicale au sein de son centre d'investigation clinique.
Bull est partenaire du CHU pour ses infrastructures informatiques. |
En quoi l’ouverture ou la ‘libération’ du système d’information (SI) est-elle essentielle pour le CHU ?
Aujourd’hui, l’un des enjeux de notre système de santé, qui se double d’ailleurs d’un enjeu économique, est de partager les données médicales d’un patient avec l’ensemble des professionnels et spécialistes de santé concernés par sa prise en charge. L’objectif : apporter un meilleur soin au patient en étant plus réactif et en ayant très rapidement accès aux spécialistes face à une pathologie donnée.
Pour nous DSI, cela veut dire passer d’un Système d’Information Hospitalier (SIH) centré sur l’hôpital à un Système d’Information de Santé (SIS) centré sur le patient. Nos systèmes ne seront plus cloisonnés, ils devront s’ouvrir aux différents partenaires du monde de la santé : au médecin traitant, aux autres établissements amenés à soigner le patient, qui disposent chacun de leur propre dossier. Le projet du dossier médical personnel est notamment construit sur cette ouverture.
L’ouverture du SI devra s’élargir aux réseaux de santé, tels que ceux du cancer, de la diabétologie et permettre le télédiagnostic à distance par les spécialistes d’une pathologie donnée. Nous mettons également en place des systèmes de visioconférences pour permettre à des spécialistes d’analyser et de débattre de cas difficiles. Ce service est notamment utilisé dans le domaine de la périnatalité. La valeur ajoutée pour le patient de tels dispositifs est évidente : rapidité, meilleur diagnostic et in fine meilleur soin.
Nous avons mis en œuvre un projet qui permet, dès lors que le patient a donné son accord, d’acheminer par exemple la lettre de sortie et le compte-rendu opératoire à son médecin traitant.
Quelles sont vos priorités au regard de cette ouverture ?
La dimension sécurité est au cœur de l’ouverture du SI. S’agissant de données médicales nominatives, nous devons mettre en oeuvre les dispositifs de sécurité requis : identification forte, cryptage, traçabilité.
Autre priorité : l’adoption de standards d’échange et de présentation des données pour faciliter la communication entre SI et entre SI et appareils médicaux (imagerie, automates de laboratoires).
Enfin, dès lors qu’on échange, se pose le problème de l’identifiant du patient, chaque établissement ayant le sien propre aujourd’hui. L’identifiant patient unique n’étant pas encore résolu à l’échelle nationale, il faut dès lors utiliser des mécanismes de rapprochement d’identifiants.
Quelles sont les meilleures pratiques pour opérer cette transformation ?
Du fait de sa dimension stratégique pour la qualité des soins, l’ouverture des SI nécessite que tous les acteurs adoptent une démarche industrielle extrêmement rigoureuse et des outils communs.
Nous avons au niveau national un organisme, le Groupement pour la Modernisation du Système d’Information Hospitalier (GMSIH), qui nous aide à la mise en œuvre des bonnes pratiques dans les domaines que je viens d’évoquer. Le GMSIH produit notamment des guides pour toutes les couches d’infrastructure, qui facilitent la mise en œuvre de l’interopérabilité des systèmes (identifiant du patient, sécurité des SI, mise en œuvre d’annuaires).
Entre vision et contraintes opérationnelles, comment gérez-vous la transition pour conduire le changement ?
Il est clair que tout ceci passe par des opérations importantes de sensibilisation, d’information, d’aide à cette véritable révolution culturelle pour le monde de la santé plutôt individualiste. A l’intérieur du CHU, nous mettons en place des programmes de sensibilisation et de formation pour accompagner les changements.
Pour conclure, je dirais que l’ouverture des SI est un enjeu majeur pour les professionnels de santé. Notre défi est de la réaliser dans les meilleures conditions de sécurité et d’accompagnement du changement. En tant que Président du CUBE, je considère que le positionnement de Bull avec sa campagne « Libérez les systèmes d’information » est très pertinent.
* CUBE : Club des Utilisateurs Bull Européens
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