Au milieu des années 80, quelques centaines de développeurs se réunissaient autour d'une idée simple: inventer un nouveau mode de développement logiciel permettant une approche collaborative de l'innovation. Le mouvement Open Source était né. Vingt ans plus tard, l'idée initiale a donné lieu à une évolution irréversible de l’industrie du logiciel, révolutionnant les systèmes d'exploitation, les middleware et maintenant les applications métiers. Cette formidable réussite est à l’origine d’une nouvelle approche qui, de la technologie au contenu, est en train de transformer nos modes de vies et nos métiers. Car il faut bien comprendre que l'Open Source n'est que le précurseur d'un phénomène bien plus large : celui du monde collaboratif et des écosystèmes virtuels. S’appuyant sur le développement d’Internet, c’est un phénomène qui, en connectant tous les acteurs et utilisateurs et en leur donnant les moyens de collaborer, a commencé à bouleverser la chaîne de production et a instauré de nouveaux modèles de création et de consommation, qu’ils soient :
- technologiques avec les Logiciels libres et les ‘mashups’ ;
- culturels avec le Web 2.0 et ses figures emblématiques que sont Wikipedia, YouTube ou MySpace ;
- économiques, avec le développement de la notion d'entreprise virtuelle ;
- politiques avec le e-gouvernement et la e-démocratie participative.
Que l’on ne s'y trompe pas : il ne s'agit pas d'un épiphénomène, ni d'une nouvelle mode marketing visant à enrober de ‘buzz’ les concepts et modes de production et de consommation de toujours. Il s’agit d’une tendance lourde. Une redistribution du pouvoir est en cours, passant du producteur à l'utilisateur, de l'individu au réseau et des organisations aux écosystèmes. Si les années 80 ont été celles du ‘Central Computing’, les années 90 du ‘Personal Computing’, les années 2000 du ‘Network Computing’, les années 2010 seront l'ère du ‘Social Computing’.
Bien sûr, nous n’en sommes encore qu'aux prémices. Les effets de cette révolution commencent juste à se faire sentir dans des domaines de pointe, tels que les contenus numériques, la convergence technologies de l’information/télécommunication, les services avec l'offshore ou encore la modernisation des services publics. L'apparition des premières 'mashup corporations', le développement des réseaux sociaux et l'émergence de nouveaux espaces numériques tels que Second Life sont autant de présages de l’émergence de ce monde nouveau. Nous ne faisons que commencer notre ascension sur la courbe de l'innovation et son pic périlleux des attentes excessives (‘inflated expectations’). Dans l'univers darwinien de l'innovation, il y aura des échecs et des désillusions et nous nous devons de garder à l’esprit le souvenir de 2001. Mais pourquoi après le Web 1.0 puis 2.0, nombre de ‘start ups’ prometteuses s’organisent-elles déjà autour du Web3.0 (sic) ? Parce que tous les acteurs ont l’intuition qu’une nouvelle cartographie des possibles se présente à eux, qui fait bouger les lignes d’horizon et qui décrit les contours d’un nouveau monde où les pratiques de création et de consommation évolueront. Un nouveau monde où l'organisation même des entreprises et aussi des administrations et des services publics bénéficiera de la nécessaire adaptation à ce nouvel environnement virtuel.
Grâce au recul que nous offrent ces vingt dernières années et à l’observation du rôle majeur qu’ont joué les logiciels libres dans la création des technologies ouvertes, fondatrices de ce monde nouveau, nous pouvons anticiper sans peine que ce rôle se renforcera encore demain dans la conception et la réalisation des interfaces et des technologies du ‘Social Computing’. Il suffit pour s’en convaincre d’observer les batailles pied à pied que se livrent Facebook et Google pour fédérer des communautés de contributeurs aux logiciels de réseaux sociaux, d’observer l’intérêt de SecondLife pour l'Open Source afin de conquérir plus encore de territoires virtuels, d’analyser les développements d’architectures orientées services pour édifier les ‘mashup corporations’ de demain, etc. Mais au fond l'histoire ne se répète-elle pas ? N’est ce pas une nouvelle fois l'ouverture qui permet d’entrevoir de nouvelles frontières?
Du point de vue business, ces nouvelles perspectives signifient naturellement de nouvelles demandes de la part des entreprises et des établissements publics. On peut d’ailleurs s’attendre à ce que les usages dans la sphère privée génèrent de nouveaux besoins au sein de l’entreprise : les blogs et les réseaux sociaux à la FaceBook ne représentent-ils pas par exemple une façon innovante de partager les connaissances au sein d’une même organisation ? Grâce à ces nouveaux outils de ‘knowledge management’, un employé ayant des connaissances sur un sujet pointu pourrait aisément les mettre à la disposition de ses collègues indifféremment de sa situation dans l’organisation. Bien entendu ces nouvelles applications demanderont un effort accru d’adaptation aussi bien de la part des DSI d’un point de vue technologique que de la Direction Générale d’un point de vue organisationnel.
Dans cette perspective de complexité accrue que ne manqueront pas de générer ces nouveautés, qui mieux qu’un architecte d’un monde ouvert avec les compétences et la vision qui le caractérisent, peut anticiper les évolutions nécessaires ? Vous pouvez compter sur les équipes Bull pour vous guider dans l’adaptation de vos systèmes afin de répondre aux nouveaux défis auxquels vos organisations devront faire face.
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