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n°29  |  Septembre   2008
Parole d'expert

Répondre aux enjeux de qualité de service par la virtualisation : l’exemple d’AIX
Christophe Loridan est architecte solution dans le réseau commercial de Bull France. Gert Prieber est consultant au sein de la Business Unit Produits et Systèmes, Bull

De plus en plus, on demande aux directions informatiques de faire plus avec moins. Cela signifie qu’elles doivent optimiser leurs ressources pour rendre un service qui soit à la fois efficace et efficient. L’efficacité d’un service combine à la fois des aspects fonctionnels et de qualité de service. En ce qui concerne cette dernière, un référentiel comme ITIL V3 souligne l’importance de mettre en œuvre une démarche d’amélioration continue.Le volet technologique de cette démarche gagnera à s’appuyer sur les technologies de virtualisation système car elles répondent aux enjeux essentiels que sont la continuité,

la disponibilité et la maîtrise de la capacité.Une plate-forme telle qu’AIX® présente ainsi toutes les fonctionnalités permettant de faire de la qualité de service un vrai facteur de création de valeur.

Pour cela, on peut formuler trois recommandations :

  1. mettre en œuvre une approche globale de l’infrastructure technique,
  2. instaurer un dialogue durable entre maîtrises d’œuvre et d’ouvrage,
  3. impliquer l’exploitation dès le démarrage des projets.


Tant pour les entreprises que pour les administrations, l’heure est aujourd’hui à la rationalisation des ressources et à la limitation des dépenses. Le système d’information (SI) n’échappe pas à cette tendance et le mot d’ordre des DSI est aujourd’hui de faire plus avec moins. Faire plus, cela signifie que le SI doit contribuer à la création de valeur en remplissant des tâches en phase avec la stratégie métier ; avec moins, c'est-à-dire que les moyens mis en œuvre doivent être autant que possible consolidés, mutualisés et fiabilisés. On retrouve ainsi toute la dualité entre l’efficacité, soit la capacité à rendre le service attendu, et l’efficience, qui mesure le rapport de cette capacité à son coût. Ce sont ces problématiques de maîtrise des coûts qui donnent lieu aujourd’hui à de nombreux projets de consolidation.

L’efficacité du système d’information se mesure selon deux axes : en fonction de critères métier, mais également de critères de qualité de service, qui évaluent la façon dont le service est rendu (par exemple, le temps de réponse d’une application). Pour les directions informatiques, il est aujourd’hui impensable de ne pas regarder leur système sous ces deux aspects : la course à l’innovation nécessite d’améliorer sans cesse les fonctionnalités tandis que la pression compétitive et le renchérissement des coûts de l’énergie, par exemple, militent pour des infrastructures toujours plus économes et une qualité de service optimale.

ITIL V3 montre la voie à suivre
Dans sa récente version 3, ITIL, le référentiel de bonnes pratiques de gestion du SI, prend d’ailleurs bien en compte cette évolution en différenciant clairement les deux composantes de la valeur d’un service informatique, d’une part l’utilité (fitness for purpose) et d’autre part la garantie (fitness for use). Tout l’art de la gouvernance du système d’information consiste ainsi à maintenir un équilibre entre ces deux aspects afin de satisfaire au mieux les attentes des clients, internes comme externes, tout en maîtrisant les coûts. Cela passe notamment par une démarche structurée d’amélioration continue. C’est dans cette perspective qu’ITIL V3 propose un référentiel complet décrivant le cycle de vie des services structuré autour de cinq domaines : service strategy, service design, service transition, service operation et continual service improvement. L’alignement sur les bonnes pratiques ITIL peut paraître un projet difficile à mener à bien, en particulier pour une organisation de taille moyenne. On peut malgré tout s’inspirer avec profit de la vision qu’elles proposent d’une organisation informatique gérant au fil du temps un portefeuille de services soumis à un processus systématique d’amélioration continue. En particulier, la qualité de service, trop souvent réduite à une question technique reléguée en fin de projet, doit faire l’objet d’une véritable gestion, c’est-à-dire être négociée, implémentée, contrôlée et révisée dans un processus impliquant à la fois le métier et la technique.

La virtualisation en première ligne
Comment mesurer la qualité de service ? ITIL en identifie les axes essentiels, qui sont la continuité de service, la gestion de la capacité et la disponibilité du service. Or la virtualisation des systèmes apporte une réponse technique commune à tous ces enjeux, et c’est pourquoi elle doit jouer un rôle de premier plan dans le volet technologique d’une démarche méthodique de gestion de la qualité de service. Il s’agit d’une approche de type infrastructure, c'est-à-dire qu’elle est applicable à une variété de technologies et d’architecture. Surtout, elle permet une approche centralisée et globale. De même que le SAN a permis de créer un point unique de gestion du stockage et de rationaliser et d’optimiser ainsi les capacités face à une explosion des volumes, un phénomène identique est en train de se produire pour les serveurs : tandis que les besoins croissent, la banalisation de la capacité de calcul permet de gérer les différents paramètres de la qualité de service de façon globale et dynamique. Le déploiement d’une infrastructure de virtualisation des systèmes apparaît donc comme une sorte de préalable qui facilitera grandement par la suite la gestion opérationnelle de la qualité de service. Nous prendrons à titre d’exemple la virtualisation des systèmes Power de la gamme Escala de Bull, particulièrement intéressante pour les applications critiques, notamment parce qu’elle offre une très bonne « scalabilité », quelle que soit la taille des ressources qu’elle gère (CPU, mémoire, interfaces d’entrée-sortie).

1. Simplification de l’architecture
Maîtriser la qualité de service nécessite avant tout de maîtriser son infrastructure. Et plus l’architecture sera simple, plus on sera naturellement en mesure d’y parvenir. D’où l’intérêt des projets de consolidation pour réduire le nombre de serveurs. Dans cette perspective, la virtualisation est un outil de base qui sera d’autant plus efficace qu’il permet d’augmenter le taux d’utilisation des serveurs, un paramètre critique si on considère les coûts. En effet, un serveur présentant un taux d’utilisation de 20 % ne consomme pas beaucoup moins d’énergie qu’une machine utilisée à plein. Et il en va de même pour les autres coûts fixes de l’infrastructure : administration, licences logicielle : on peut considérer que le même serveur occupé à 20 % « gaspille » 80 % des licences logiciels qu’il supporte (sans parler bien sûr des ressources matérielles) ! Par conséquent, il est fondamental de s’appuyer sur une technologie permettant des taux d’utilisation élevés. C’est notamment le cas d’AIX, qui offre une couche de virtualisation de type hyperviseur gérée par le ‘firmware’, et donc capable de gérer très efficacement les ressources matérielles. L’hyperviseur prend en charge plusieurs partitions, chacune permettant d’exécuter un système d’exploitation AIX ou Linux®. L’hyperviseur gère l’allocation des ressources CPU, mémoire et adaptateurs d’entrée-sortie aux différentes partitions. L’hyperviseur pilote avec une extrême finesse l’allocation des ressources (par exemple jusqu’au 1/100e de CPU !). Par le jeu de la complémentarité des profils de charge de différentes partitions, on peut ainsi atteindre des taux d’utilisation supérieurs à 90 %.

2. Gestion de la capacité
Il est toujours très difficile de déterminer a priori le nombre de serveurs qui sera nécessaire pour atteindre des temps de réponse et un taux de disponibilité donné, et encore plus quelle sera l’évolution de la charge tout au long de la vie du service. Encore trop souvent, on choisit lors de la conception de prendre une marge de sécurité qui se traduit par d’importants coûts supplémentaires. La virtualisation apporte en production une flexibilité qui permet de réduire cette marge, et donc le nombre de serveurs, en permettant de s’adapter plus facilement à des changements de conditions parfois extrêmes ou exceptionnels (par exemple, dans le cas d’applications Web sujettes à des pics de fréquentation). Pour cela, la technologie retenue devra permettre de gérer dynamiquement l’évolution des profils de charge. Ici aussi, AIX répond à cette exigence. Son système de virtualisation permet en effet, pour chaque partition, de spécifier un montant garanti et une limite supérieure sur le CPU et la mémoire utilisée, ou bien, à l’inverse, de la laisser libre d’utiliser toutes les ressources disponibles. Complétée par un système de gestion des priorités, cette approche permettra à l’hyperviseur d’allouer de façon dynamique des ressources à chaque partition en fonction des besoins. On réduit ainsi drastiquement les coûts d’administration, là ou une activité de surveillance et de prise en compte était auparavant nécessaire. AIX permet également de gérer des charges dans un contexte multi-serveurs. La virtualisation d’AIX permet de déplacer une partition en cours d’exécution d’un serveur vers un autre sans impacter le temps de réponse pour l’utilisateur final grâce à un mécanisme sophistiqué de copie de mémoire à mémoire en deux phases (fonction de mobilité des partitions). On peut utiliser la mobilité des partitions pour soulager un serveur trop chargé ou, inversement, arrêter complètement une machine sous-utilisée.

3. Augmentation de la disponibilité
Pour augmenter la disponibilité des services, un premier axe de travail consiste à diminuer les arrêts programmés. Grâce à une application immédiate de la mobilité des partitions, il est dorénavant possible de planifier les maintenances matérielles sans impacter la production. La disponibilité est aussi étroitement liée à la qualité des mises en production des nouvelles versions des applications, ce qui signifie optimiser en amont les environnements de développement, de test et de recette. On trouve là une des premières applications de la virtualisation : grâce au faible temps de provisionnement d’un serveur virtuel et à l‘optimisation des ressources, ce sont autant de freins qui disparaissent lors de la mise en place de ces environnements. Un autre défi consiste à mieux gérer les pannes toujours possibles. Dans le cas d’AIX, l’intégration de l’hyperviseur avec le ‘firmware’ permet de disposer de mécanismes associant la gestion des erreurs, la puissance à la demande et la gestion des pools de ressources virtuelles. Enfin, parce qu’elle apporte l’indépendance par rapport au matériel, la virtualisation facilite la mise en place d’infrastructures de secours qui peuvent être mises en œuvre plus facilement sur des serveurs aux caractéristiques différentes de celles des machines de production.

Quelques recommandations
Comme on le voit, la virtualisation est une approche technologique qui permet de répondre aux principaux enjeux de la qualité de service. Pour qu’elle puisse apporter tous les bénéfices escomptés, il est essentiel de considérer l’architecture de l’infrastructure de façon globale : serveurs, réseau et stockage. Autre point essentiel, il est indispensable d’associer les métiers à cette réflexion, et ce de la conception à l’exploitation et tout au long de la démarche d’amélioration continue. Ce sont en effet les responsables métier qui détiennent la traduction des paramètres de qualité de services en termes d’activité. En revanche, ce sont les responsables techniques qui peuvent chiffrer le coût d’une augmentation de tel ou tel indicateur. Le dialogue entre maîtrise d’œuvre et maîtrise d’ouvrage doit donc être maintenu au-delà du projet, éventuellement autour d’un contrat de prestation interne, de façon à pouvoir évaluer la pertinence d’une exigence de service ou l’opportunité d’un investissement en regard des objectifs stratégiques de l’organisation. Enfin, pour que l’organisation puisse tirer pleinement partie de la flexibilité qu’apporte la virtualisation, les responsables de l’exploitation ne doivent en aucun cas être exclus de ce processus. Ils doivent même être impliqués dès le début des projets pour faire valoir leur expertise technique dans une perspective de maîtrise du coût total du service sur l’ensemble de son cycle de vie.

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