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Shahrom Kiani, vous venez de prendre la Direction générale d’Address Vision Inc. (AVI), filiale de Bull spécialisée dans les solutions d’automatisation du tri postal ; quelle est votre vision de l’évolution de ce marché ?
De très grands progrès ont été réalisés depuis ces 20 dernières années dans ce marché très pointu de l’automatisation du tri du courrier. Les Postes utilisent désormais différents types de machines de tri pour traiter les lettres, les magazines et les paquets avec des technologies de reconnaissance optique des caractères (dites OCR pour Optical Character Recognition) toujours plus sophistiquées. Les performances de reconnaissance manuscrites approchent rapidement celles du dactylo. |
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Le focus actuel concerne ce qu’on appelle le « dernier kilomètre » (last mile). Ce qui veut dire, trier autant de plis que possible au niveau du point de distribution, qui correspond à la tournée du facteur. Ceci est important pour minimiser le temps passé par les facteurs à trier le courrier dans le bureau de poste et maximiser le temps passer à le distribuer. Pour ce faire, l’emphase a été mise sur l’augmentation des taux de lecture et la réduction des taux d’erreurs. En outre, les Postes et leurs clients font particulièrement attention au suivi du courrier et aux mesures précises de qualité de service. En un mot, elles veulent avoir un délai de distribution déterminé et le superviser.
Les Postes recherchent des partenaires qui ont la capacité de comprendre leur processus souvent uniques, de les aider à identifier leurs faiblesses et finalement de délivrer des « architectures ouvertes » afin de ne pas être dépendant d’un seul fournisseur. Elles veulent pouvoir intégrer facilement et à un coût raisonnable des technologies nouvelles lorsqu’elles deviennent disponibles.
Au regard des évolutions de ce marché, comment appréciez-vous la position d’AVI ? Quelle est sa valeur ajoutée distinctive ?
J’ai rejoint AVI mi juillet. J’ai toujours été impressionné par AVI, qui est un leader dans la reconnaissance d’adresses et le traitement du courrier. Depuis que je connais mieux l’équipe et les projets sur lesquels elle travaille, je suis d’autant plus impressionné par le niveau de notre expertise.
Nous avons par exemple un projet majeur avec la Poste Australienne pour améliorer de manière substantielle leurs performances en reconnaissance. Nous avons gagné ce contrat contre des poids lourds de l’industrie tant européens qu’américains. Et ce qui a convaincu la Poste Australienne de nous retenir, c’est d’abord notre solution « OpenArc ». Nous leur avons permis d’avoir une architecture réellement ouverte et nous les formons à être autonomes pour intégrer de nouvelles technologies dès qu’elles apparaissent. Le niveau de coopération avec la Poste Australienne est remarquable. Nos équipes travaillent ensemble avec un même but : atteindre, voire dépasser les objectifs contractuels. C’est une collaboration fructueuse pour le futur pour les deux parties. La Poste Australienne gagne en performance et dispose d’une architecture réellement ouverte ; AVI gagne la confiance de son client et se positionne au mieux pour d’autres projets innovants et ambitieux.
Quelle est votre stratégie de développement ?
Jusqu’à très récemment, AVI se plaçait en ‘back office’, s’appuyant sur des maîtres d’œuvre pour fournir des solutions aux grandes entreprises postales. Nos solutions sont utilisées dans le traitement de plus de 50 % du courrier mondial et peu de gens le savent, même dans la profession.
Mon ambition est de positionner AVI de plus en plus comme maître d’œuvre et de gagner plus de projets avec les grandes entreprises postales. Ceci peut se faire non seulement en réussissant nos projets actuels de manière à montrer des références prestigieuses, mais aussi en proposant des solutions innovantes et uniques. Nous avons de très bonnes technologies et nous le ferons savoir.
Nous avons récemment procédé à l’analyse de notre portefeuille de produits. Et nous avons identifié quelques gaps sur lesquels nous travaillons actuellement. L’une de ces solutions est la création d’un système complet de reconnaissance pour les USA, incluant des OCR dactylo et manuscrit. Ce produit est en cours de développement ; l’objectif étant de disposer d’un prototype pour tests cette année. Nous remettons aussi l’emphase sur l’extension et l’amélioration de notre produit « Postal Reporter », qui apporte le support nécessaire aux nouvelles initiatives de la Poste US dans le domaine du suivi du courrier.
Naturellement, ce n’est qu’un début. J’ai à cœur de développer notre influence et notre présence notamment par le développement de solutions qui créeront la différence par leur innovation, leur ouverture et leur souplesse. Nous mettons déjà en place un plan pour offrir quelques fonctionnalités distinctives à nos clients à très court terme.
Avant de prendre la Direction générale d’AVI en juillet dernier, Shahrom Kiani était Directeur Financier et Partenaire de Trinity Technical Group, une start-up prestataire de services de conseil et d’ingénierie en automatisation du courrier. Chez “Siemens Energy and Automation”, Shahrom Kiani avait précédemment été Vice-président de l’entité fournissant matériels et services d’intégration aux principaux acteurs du marché parmi lesquels le service postal américain, UPS, FedEx et DHL. L’entité dirigée par Shahrom Kiani représentait un chiffre d’affaires annuel de $130 millions. Auparavant, Shahrom Kiani avait exercé, avec succès, de nombreuses responsabilités au sein de Siemens. Shahrom Kiani est titulaire d’un MBA de la Southern Methodist University et d’un master en ingénierie et informatique de l’Université du Texas. |
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