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n°30  |  Octobre   2008
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« Adapter les centrales informatiques aux besoins des entreprises »
Entretien avec Bruno Pinna, Directeur marketing Groupe
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Dernier concept en vogue, le « cloud computing » traduit la réalité d’un Internet arrivé à maturité. Mais cela ne représentera une véritable opportunité pour les entreprises que si les offres tiennent compte des très fortes exigences de l’informatique professionnelle.

L’informatique a toujours avancé au gré des modes et des concepts qui se prétendaient révolutionnaires. Dernier en date de ces phénomènes, le « cloud computing » s’appuie sur d’indéniables tendances de fond engagées depuis plusieurs années : l’externalisation croissante des outils et des processus informatiques, le développement d’applications accessibles par Internet (ASP, Web Services, SaaS…), la banalisation et la virtualisation des infrastructures sous-jacentes et la mise en œuvre de principes de tarification à l’usage. C’est la conjonction de ces facteurs qui conduit aujourd’hui Amazon à louer des capacités de calcul (EC2) ou de stockage (S3), Google à développer un navigateur Web, Chrome, conçu comme une porte d’entrée vers ses applications (Google Apps, Gears) et à proposer une plate-forme de téléphonie mobile qui vient concurrencer l’iPhone d’Apple, ou encore SalesForce.com à étendre son modèle de logiciels de CRM à la demande à une myriade de partenaires. Le « cloud computing », c’est la possibilité de pouvoir piocher au gré de ses besoins parmi les ressources logicielles et matérielles disponibles via le Web. Ou encore, pour reprendre l’analogie établie par Nick Carr dans son livre The Big Switch, d’utiliser le réseau pour s’alimenter auprès d’immenses « centrales » qui délivreraient de la « puissance informatique » comme les centrales électriques produisent de l’électricité.

Cette vision est pertinente et très stimulante à bien des égards. Elle reconnaît notamment le fait qu’Internet est désormais une véritable plate-forme applicative qui propose une grande richesse d’outils. Elle souligne également le formidable potentiel qu’offrent des ressources massives, standardisées, souples et homogènes. En revanche, cette vision semble réduire l’informatique à son usage individuel, ou tout au plus à celui des toutes petites structures. Elle méconnaît pour l’instant les très fortes contraintes qui pèsent sur l’informatique d’entreprise : sécurité, disponibilité, performance, intégration de systèmes hétérogènes, robustesse des processus… Un rapide examen des défis que relèvent quotidiennement les DSI suffit à constater que tout n’est pas « cloud-computable » contrairement à ce que laissent entendre les plus ardents promoteurs du concept.

Le « cloud computing » offre bel et bien de très intéressantes perspectives aux entreprises, pourvu toutefois qu’on s’attache à les adapter véritablement à leurs besoins et à leurs usages. Il est très probable que la première de ces adaptations va prendre la forme d’une segmentation des offres. L’idée plaisante mais utopique d’une gigantesque ressource informatique universelle va céder la place à des centrales informatiques plus spécialisées, conçues par des experts pour des marchés et des besoins plus ciblés.

Aujourd’hui, on accède en « cloud computing » à des applications bureautiques, de messagerie, de gestion de contacts ou de CRM. Demain, on peut envisager que des centrales informatiques spécialisées couvrent d’autres types d’usages et d’autres outils (BI, CAO…) ou bien offrent des ressources mêlant infrastructures matériels et logiciels comme par exemple des baies de stockage associées à des solutions d’archivage ou des unités de calcul haute performance associées à des solutions de modélisation. Cela demandera avant tout une grande expertise technologique car il faudra être en mesure de mettre en place ces centrales informatiques spécialisées, capables d’industrialiser l’ensemble des processus opérationnels, aptes à assurer les niveaux de service attendus par les utilisateurs, conçues pour maîtriser l’hétérogénéité et s’adapter à la diversité des besoins client, et enfin dotées d’une topologie optimale et évolutive pour assurer la flexibilité, réallouer la puissance disponible et minimiser l’empreinte carbone. Autant d’axes qui sont aujourd’hui ceux privilégiés par Bull pour le développement de ses Bio Data Centers™.

Mais pour servir les entreprises, les centrales informatiques de demain ne pourront se contenter d’être des centres, aussi performants soient-ils, spécialisés pour le calcul ou la gestion. Ces agrégats spécialisés de ressources technologiques devront fournir également une offre de services très complète. Ces services devront couvrir en premier lieu la capacité à développer et/ou intégrer une large bibliothèque d’applications ainsi que l’ensemble des techniques et des outils méthodologiques et juridiques permettant de les utiliser dans des conditions professionnelles (portail d’accès, planification des tâches, politique de sécurité, conditions tarifaires et de facturation mais aussi procédures de reprise sur sinistre, d’archivage légal, garanties de niveaux de service, auditabilité…). Ces services constitueront également une vraie capacité d’accompagnement métier pour être en mesure de traduire tout nouveau besoin en solution opérationnelle et pour faciliter les transitions vers de nouvelles formes d’utilisation des ressources informatiques susceptibles de bousculer quelques habitudes.

La standardisation des ressources informatiques, la banalisation des accès réseaux à très haut débit et le développement des SOA sont les piliers fondateurs du « cloud computing ». Faisons le pari que dans un futur proche, ce terme disparaîtra avec l’avènement de centrales informatiques spécialisées, fondées sur l’industrialisation d’usages métiers. Architecte d’un monde ouvert™, Bull contribue activement à cette évolution. En tant que partenaire de longue date des entreprises et des services publics, Bull sait transformer la diversité en source de richesse. Bull sait aussi que si l’on peut standardiser des plates-formes technologiques, on ne peut pas standardiser les besoins métier de chaque entreprise.

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