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Comment est venue chez Bull l’idée de l’insertion des handicapés ?
Il faut être honnête : au début, Bull a été poussé comme tout le monde par la loi de 1987 relative à la place des travailleurs handicapés dans l’entreprise. A l’époque, on était loin des fameux 6%. La prise de conscience a donc été liée à cela au départ et à ce titre, la loi a eu un effet bénéfique. Le Groupe a signé le premier accord d’entreprise en 1993. Jusque là, rien de très exceptionnel ; néanmoins, il convient de souligner qu’aujourd’hui, 90 000 entreprises sont assujetties à la Loi de 1987 et que seule une centaine, parmi lesquelles Bull, a conclu des accords sur le sujet.
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Par ailleurs, là où Bull se distingue, c’est aussi dans le maintien de l’emploi pour les salariés qui deviennent handicapés par suite d’accident ou de maladie : il ne faut pas voir le mot insertion uniquement sous l’angle recrutement. Au sein du Groupe, tout est fait pour que la personne qui devient handicapée, personne n’est malheureusement à l’abri de cela, puisse continuer à exercer son emploi. Là encore, ce n’est pas le cas de toutes les entreprises.
Concrètement, comment se passe l’insertion pour une personne arrivant dans une entité de Bull ?
J’ai remarqué qu’il y avait généralement deux cas de figures : une personne avec un handicap peu visible arrive et ne souhaite pas que l’on prévienne ses collègues de ce handicap : dans ce cas là, il peut arriver que l’insertion se passe « mal » : les personnes ne font aucun effort particulier, ne comprennent pas la difficulté de leur collègue face à telle ou telle demande, et on arrive ainsi à une série de quiproquo assez désagréables. Inversement, la personne se présente ouvertement comme souffrant d’un handicap et tout se passe généralement mieux après un temps de mise en place : les collègues sont plus à l’écoute et le dialogue devient plus naturel, plus franc. L’insertion ce n’est pas juste un mot, c’est une vraie démarche.
Bull met des outils à disposition pour que chacun puisse au final travailler dans les mêmes conditions : formation bureautique en langage des signes, plage braille tactile éphémère pour la messagerie des non-voyants. Certains formateurs de Bull ont appris à lire le braille pour pouvoir former de façon optimale les salariés non-voyants. Bull a aussi fait des études d’accessibilité de ses sites avec préconisations d’améliorations et mises en œuvre de celles-ci. Enfin, le site web de Bull est accessible aux non-voyants par le biais des plages braille.
Quel est aujourd’hui votre meilleur souvenir par rapport à votre mission d’insertion des personnes handicapées ?
Il y en a beaucoup ! Dernièrement, une personne m’a appelée pour me recommander sa nièce, aveugle, sous-employée dans son métier d’informaticienne au sein d’une administration. Celle-ci est entrée en contact avec nous et a testé nos logiciels de matériel spécialisé, y compris un portail vocal Bull : çà a été la révélation ! Cette jeune femme nous a dit : « pour la première fois, j’ai l’impression de me rendre utile ». Agée aujourd’hui d’une trentaine d’années, elle devenue aveugle à 15 ans à la suite d’un accident de ski et ne s’est décidée à apprendre le braille qu’à 19 ans. « Brailliste tardive » comme elle se présente elle-même, la préférence pour les outils de reconnaissance vocale était donc naturelle pour elle. Cette rencontre a été riche techniquement et humainement.
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