Prix Bull - Joseph Fourier

Prix Bull Joseph Fourier

Le prix Bull-Joseph Fourier 2014 récompense deux équipes scientifiques pour leurs travaux innovants de recherche

Des composants électroniques du futur pour les nouveaux écrans souples et les vêtements intelligents à la prévention des incendies de forêt : les travaux récompensés par le prix Bull-Joseph Fourier 2014 confirment l’importance de la simulation numérique dans l’électronique ou la prévention des risques.

Paris, le 26 Janvier 2015 – Le prix Bull-Joseph Fourier 2014 a été décerné à deux équipes pour leur importante contribution à l'amélioration des connaissances dans la science, dans l'innovation et au développement des méthodes de simulation. Il a été remis le 21 janvier par Catherine Rivière, Président - directeur général de GENCI et par Philippe Vannier, Directeur général de Bull au sein du Groupe Atos, en présence de nombreux représentants de la communauté scientifique française.

Le premier prix Bull-Joseph Fourier 2014 a été décerné à l'équipe composée d’Ivan Duchemin, chercheur à l’Institut Nanosciences et Cryogène (INAC) du CEA à Grenoble et Xavier Blase, Directeur de Recherche à l'Institut Néel, CNRS Grenoble, pour leurs travaux dans le domaine de l’électronique organique, la production de lumière et les cellules photovoltaïques organiques et hybrides. Le prix récompense leurs travaux dans le domaine de la simulation des mécanismes d'absorption et d'émission de lumière des molécules organiques. Les systèmes étudiés ne se réfèrent donc plus aux usuels semi-conducteurs (silicium), mais à des dispositifs de type films minces « flexibles » composés de molécules organiques. Ces dispositifs révolutionnaires deviennent de plus en plus présents non seulement dans les laboratoires de recherche, mais également dans les applications industrielles. On compte ainsi parmi les diverses applications : des écrans flexibles pour téléphones portables ou téléviseurs, des sources de lumière colorée ou « blanche », des cellules photovoltaïques portables, des vêtements « intelligents », etc…

Les applications de l’électronique et de l’optoélectronique organique sont en constante progression. Aussi, une meilleure compréhension des phénomènes, ou la capacité à « prédire » à l’aide de simulations numériques le comportement et les performances de ces nouveaux dispositifs basés sur des systèmes moléculaires est indispensable.

Le deuxième prix a été attribué à l'équipe composée de Jean Baptiste Filippi, chargé de recherche au CNRS à l’Université de Corse ; Frédéric Bosseur, Ingénieur de Recherche CNRS à l’Université de Corse ; Christine Lac, Ingénieur en chef des Ponts, des Eaux et des Forêts au CNRM à Météo-France, Toulouse ; Céline Mari, Directrice de recherche au CNRS à l'Université de Toulouse. 
Le prix récompense leurs travaux sur la simulation d’incendies de forêts visant à améliorer la sécurité des personnes et des biens.

Les simulations effectuées par l’équipe de l’Université de Corse permettent de prendre en compte pour la première fois au monde les interactions entre la dynamique de la propagation de l’incendie (demandant une résolution de 5 m) et l’atmosphère, décrite de la micro (50 m) à la méso (2400 m) échelle. En utilisant les données d’un feu qui a ravagé en juillet 2009 plus de 6000 hectares de forêt à Aullène en Corse, ces phénomènes complexes ont été simulés sur les supercalculateurs mis à la disposition de la communauté scientifique par GENCI, ouvrant des perspectives sur la prévision de la dynamique des flammes, de la micro‐météorologie au voisinage de l’incendie, de la composition et du transport des panaches de fumées et leur influence sur l’atmosphère.

Les résultats de simulation obtenus ont reçu un intérêt marqué des opérationnels de terrain et permettent ainsi de servir à la fois aux paramétrisations des modèles globaux de composition de l’air, mais aussi d’estimer les zones de perte de visibilité pour les sapeurs‐pompiers. Le développement d’une plateforme pré‐opérationnelle de simulation est désormais envisagé. Elle permettrait, en quasi temps réel, de mieux évaluer les risques liés à la propagation de grands feux de forêts en fonction de la position du front de flamme couplée aux données topographiques et atmosphériques.