Depuis près d’un siècle, du rôle pionnier de Bull dès les débuts de l’informatique jusqu’à son leadership actuel dans l’IA, l’informatique quantique et le calcul haute-performance, l’innovation a toujours été un moteur constant. S’appuyant sur une expertise approfondie en ingénierie et un héritage unique, Bull continue de façonner l’avenir du calcul avancé et de l’IA avec des solutions fiables, souveraines et tournées vers l’avenir.
Afin d’exploiter les brevets de machines statistiques déposés par l’ingénieur norvégien Fredrik Rosing Bull (1882-1925) dans les années 1920, la société « H.W. Egli-Bull », filiale de la société suisse H.W. EGLI, est créée en 1931 en France, offrant un marché potentiel plus grand qu’en Suisse. Etablie au 92 bis avenue Gambetta, elle se consacre à la fabrication de tabulatrices, trieuses à cartes perforées, poinçonneuses, qui ne vont cesser d’être améliorées pour la plus grande satisfaction des utilisateurs.
La tabulatrice T30 est la première machine à sortir des ateliers de cette nouvelle société. Celle-ci est dotée d’un dispositif d’impression novateur basé sur un système de roues permettant d’imprimer des caractères numériques et alphanumériques à une vitesse supérieure à celle de ses concurrents. Son esprit pionnier, la nature novatrice de son activité, et les soutiens financiers du syndicat des utilisateurs puis de la famille Calliès-Aussedat ont contribué au succès de Bull, face à ses principaux concurrents : IBM et Remington Rand.
En 1935, avec un parc de plus de 60 équipements installés – parmi lesquels les tabulatrices T30 et T50 avec leur système d’impression le plus rapide du marché, protégé par un brevet permettant de conserver cet avantage – le Groupe connait alors un véritable essor et étend son activité à l’international. Sous l’Occupation allemande, Bull devient le premier fournisseur en mécanographie du Service national des statistiques (SNS), prédécesseur de l’Insee. En 1948, Bull dépasse IBM sur le marché français.

Tabulatrice T30

Gamma 60 implanté Gare d’Auteuil à Paris (1960 à 1966)
Au début des années 1950, l’introduction du premier calculateur électronique Gamma 3, utilisant des tubes électroniques, marque le virage de Bull de la mécanographie « classique » à l’électromécanique. Après le succès rencontré avec ses précédents ordinateurs Gamma, Bull se lance au milieu des années 50 dans la conception d’un ordinateur de nouvelle génération : le Gamma 60, premier ordinateur multi-processeurs et multi-tâches.
Les transistors ont remplacé les tubes électroniques, des tambours ou des mémoires à tores de ferrite sont utilisés comme mémoire de travail et des dérouleurs de bandes comme mémoire de masse. Après le Gamma 30, le Gamma 60 est fabriqué dans la nouvelle usine d’Angers, la plus moderne du Groupe. Sa conception a nécessité de gros efforts financiers d’études et de mises au point et sa commercialisation tarde : Bull doit faire face des difficultés financières.
En l’absence d’une solution nationale pour maintenir une industrie des calculateurs français en France, Bull et l’américain General Electric se rapprochent. Un accord, accepté par les pouvoirs publics en mai 1964, permet le sauvetage de Bull qui devient une société holding et contrôle trois filiales : la société industrielle Bull-General Electric (SIBGE), la Compagnie Bull-General Electric (BGE) et la société promotion commerciale Bull (PCB).
Suite au rachat de Bull, l’informatique française devient quasiment inexistante. L’Etat français lance alors le « Plan Calcul » en 1966 avec la création de la « délégation à l’information », afin de maintenir et sauvegarder une industrie nationale informatique et subvenir aux besoins de la défense nationale ainsi que son indépendance envers les Etats-Unis.

Usine d'Angers dans les années 60 | © DR / Archives de Saint-Gobain
En conséquence plusieurs sociétés sont créées : la Compagnie Internationale pour l’Informatique (CII), la Société anonyme de systèmes et périphériques associés aux calculateurs (Sperac) et la Société européenne de semi-conducteurs et micro-électronique (Sescosem), ainsi qu’un organisme public de recherche : l’Iria (devenu l’Inria).
La CII conçoit et réalise en 1967 son premier ordinateur l’Iris 50, suivi en 1969 par son ordinateur le plus puissant l’Iris 80.
Au début des années 60, la société Bull inaugure sa nouvelle usine à Angers dans laquelle elle perfectionne la conception d’ordinateurs multi-tâches et multi processeurs.

Iris 80
En 1970, la société américaine Honeywell Inc. acquiert Bull-GE devenant sa principale filiale rebaptisée Honeywell-Bull, avant de fusionner 5 ans plus tard avec la Compagnie Internationale de l’Informatique (CII) et de prendre le nom de CII-Honeywell-Bull.
À partir de 1975, Bull connaît une période de forte croissance, principalement due à des acquisitions d’entreprises et à des fusions. Mais ces fusions seront à l’origine de nombreux débats politiques, car elles s’opposent aux yeux de certains à l’indépendance technologique initialement prônée par la firme informatique française.
D’autre part, le Groupe fait face à la difficulté de définir une identité commune, et d’établir une stratégie cohérente entre les produits venant à la fois d’Honeywell Systems, d’Honeywell Bull, de Bull-GE, et de CII. En vue de converger les lignes de produits, le « programme Unisys » est enclenché en 1976. En 1978, CII-HB prend le contrôle à 60% de la société française R2E, qui a réalisé Micral, le premier micro-ordinateur à base d’un micro-processeur.
Micral N (1973), premier micro-ordinateur au monde
CII-Honeywell-Bull est nationalisé en 1982 par le gouvernement français, et prend la dénomination « Groupe Bull », qui rappelle son origine et affirme l’unicité de l’entreprise. Jacques Stern, fondateur et ex-PDG de la Société d’études des systèmes d’automation est élu à la tête de la société.
En 1987, NEC, Honeywell et Bull créent la filiale Honeywell Bull Inc., renommée Bull HN deux ans plus tard lorsque Bull en prendra le contrôle, détenant 65,1% du capital. Vingt-cinq ans après sa création, l’usine d’Angers est le plus grand centre de construction d’ordinateurs en Europe et Bull se situe au 1er rang des constructeurs informatiques européens, avec 45 000 salariés.
La reconquête du marché international passe en 1989 par le rachat des activités informatiques de Zénith, grand constructeur américain de micro-ordinateurs portatifs, et par deux accords techniques et commerciaux de grande envergure passés avec IBM en 1992 puis Packard-Bell en 1993. Bull affirme alors sa position d’acteur mondial, réalisant plus de 60% de son activité hors frontières, et regagne en compétitivité en commercialisant des produits répondant davantage aux besoins du marché, tels que les gammes Bull Questar, Bull Micral, et dans le domaine des grands systèmes (Bull DPS 7000 et 9000).
Dans les années 2000, Bull amorce un nouveau tournant et investit largement dans le domaine du supercalculateur en se positionnant comme le constructeur de référence dans le domaine, et en concevant notamment CURIE (voir photo), le plus puissant des calculateurs européens capable d’effectuer deux millions de milliards d’opérations par seconde.

Supercalculateur CURIE
En 2014, en rejoignant le groupe Atos, Bull occupe définitivement le terrain du HPC pré-exascale en particulier avec des annonces relatives au monde des supercalculateurs : de 2015 à 2020, près d’une machine par an sont annoncées, dont le BullSequana (2016) et le JUWELS (2020) atteignant respectivement une puissance de calcul de 25 et de 44.1 pétaFlops.
Le 16 février 2022, le BullSequana XH3000, nouveau supercalculateur hybride de « classe exascale », est officiellement lancé. Conçu et fabriqué à Angers pour les habituels besoins en calcul intensif : énergie, santé, géologie, le XH3000 est reconnu aujourd’hui comme l’un des supercalculateurs les moins gourmands en énergie et les plus puissants au monde, en mesure de fournir une puissance de calcul pensée pour dépasser l’ExaFlops (un milliard de milliards d’opérations par seconde). Impressionnant, non ?